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 only human after all (sav)

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MessageSujet: only human after all (sav)   Ven 21 Sep - 12:02

Le bruit criard, incessant des gyrophares alarmants venait à percer l'immensité ombrageuse de la nuit. Ce silence fait de vrombissements sourds et de gouttes de pluies venant à clapoter contre les vitres du véhicule ronronnant entre ses mains. Les essuies-glaces grinçaient de leurs bras mécaniques glissant par delà les larmes du ciel endeuillé, portant le noir comme autant de veuves esseulées. Un temps à ne pas mettre le nez dehors, un temps à rester chez soi une tasse de café chaude entre les mains tout basculant de chaîne en chaîne. Certainement pas là, ses mains souples basculant sur le volant avec dextérité, la vue fixe sur ces miettes de lumières défilant sur la route nocturne et les lignes blanches, tel des serpents lumineux, se mouvant sur le bitume au rythme effréné du moteur grondant. Mais Alec n'était pas de ces hommes à se tourner les pouces sans savoir quoi faire. Toujours dans le feu de l'action, prompt et prêt à partir sur le terrain quitte à en courir les risques conséquents. Car c'était ce à quoi il vouait sa vie, désormais. Une sorte de rédemption à laquelle il aspirait depuis cette ancienne vie de perdition, celle qu'il avait délaisser dans les méandres de sa mémoire et qui parfois, venait à nouveau l'hanter sous de désagréable sensation de déjà-vu. Comme un lent frisson funèbre remontant le long de son échine en une caresse glaciale, meurtrière. Des bruits, des réflexes toujours prêt à lui rappeler que derrière cette carcasse de géant éteint, se cachait des balafres indélébiles. Puis bientôt, la route se dégagea, la pluie cessant de son joug morose, n'en laissant que derrière elle une traînée de gouttes moites. Ils furent dans les temps. À l'heure du carnage, des démons nocturnes balayant toutes ces âmes humaines en peine, en errance. Parking agité par d'autres gyrophares inquiétant et néons projetant leurs lueurs aveugles sur l'asphalte trempée. Dans le camion, quelques bruits de pas remuèrent, suivis d'une porte qui s'ouvris à la volée. Tandis qu'il détachait sa ceinture au même rythme que son collègue afin de prendre une bouffée de l'air humide les attendant au dehors de l'habitacle. Les flics étaient arrivés quelques minutes plus tôt sur les lieux, barrant l'entrée de la boîte de nuit de leurs voitures aux sirènes éteintes. Un groupe d'hommes et de femmes avaient été séparés, certains portant des tâches qu'il aurait pu reconnaître sans même y avoir jeté un coup d’œil. Il suffisait d'en humer les effluves, métalliques, poisseuses... Et si familière. Ces mines dépitées, certaines en état de choc vers lesquelles se dirigeait déjà ses camarades. Pas le temps de réfléchir, juste d'agir. Ni une ni deux, ses grandes jambes se mouvèrent, ses rangers crissant contre le sol gorgé de l'averse précédente. Il y avait une femme, seule. Assis et acculée contre un mur, sa longue crinière solaire en bataille, dont les mèches éparses formaient des tourbillons autour de son beau visage marqué par l'échauffourée. Lorsqu'il arriva face à elle, ses lèvres tremblaient, certainement pas uniquement à cause du froid. Et de ses yeux bleus, si semblables aux siens, s'écoulait un mélange confus de sentiments qu'il parvenait à détailler sans peine. Vide. Confusion. Choc. « Mademoiselle ? » Sa voix portait les sonorités lointaines de cette patrie aux landes désertes, de monts pluvieux et de ruines marquées du joug impitoyable du temps, qui défilait sans demander son reste. Il s'accroupis et se baissa à sa hauteur. Elle devait le voir, l'apercevoir, sortir de l'absence de sa torpeur pour revenir au présent, quoi qu'il en coûte. Son regard se baissa jusqu'à ses mains tremblantes, puis remonta jusqu'à ses prunelles azuréennes. « Je suis là seulement pour m'assurer que vous allez bien. Regardez-moi. » Enfin. Elle répondait. Et leurs regards s'entrechoquèrent, se noyant dans ses flots nébuleux aux ombres marines troubles. « Prenez une grande inspiration et expirez longuement. Allez-y. Faites comme moi. » Il l'a rassurait, de ses traits doux, respirant au même rythme qu'elle afin de lui montrer l'exemple. Lui faire prendre conscience qu'elle était toujours là, toujours présente, sur ce parking affolé par des lueurs instables.



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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Ven 21 Sep - 13:39

ce soir tout avait dérapé. tout était devenu incontrôlable. ingérable. sav elle était juste venue pour passer un bon moment, avec quelques connaissances du groupe de gab. elle était venue retrouver l'ivresse qui lui avait tant manqué. l'alcool dont elle avait besoin pour pouvoir l'oublier. pour ne plus penser à rien. parce qu'elle voulait se défouler sur la piste de danse, onduler son corps, contre ceux des autres hommes en chaleur qui lui tournaient autour. bon sang elle voulait juste s'amuser. pourquoi ça avait prit de telles proportions ? comment elle avait pu se fourrer dans cette histoire encore ? sav, abonnée à une vie de merde. abonnée à toutes les embrouilles possibles. le ciel lui tombait sur la tête tous les jours. elle n'en était même plus étonnée. comme si elle était maudite, comme si quelqu'un lui avait jeté un mauvais sort. elle était là en train de siroter sa boisson tranquillement, faisant tournoyer la paille dans son verre de vodka, tout en zieutant les gens qui l'entouraient. il était là, juste en face d'elle, à l'autre bout de la boite. à lui faire des clins d’œils charmeurs, à tenter de la faire venir à lui. en temps normal, elle n'en aurait rien eu à faire. elle ne l'aurait même pas calculé. mais ce soir elle avait besoin de réconfort. besoin de se changer les idées. parce qu'ash n'était plus dans sa vie. parce qu'ils s'étaient séparés d'une façon si mélodramatique qu'elle n'arrivait pas à s'en remettre. alors sav, elle traversait la foule endiablée de corps déchaînés, jusqu'à arriver à lui. leurs yeux se sondaient, ils se souriaient mutuellement. le désir était palpable dans les yeux du grand tatoué, il la dévorait du regard. il passait sa main autour sa taille, l'attirant à lui pour sentir la chaleur de son corps brûlant. sav, elle se laissait faire, elle riait même, victime de l'alcool une fois de plus, prisonnière de ses sens qui se déchaînaient. elle dansait contre lui, prenait un malin plaisir à le chauffer, à faire glisser son corps contre le sien. elle était en train de le rendre fou. elle n'était plus maîtresse de ses actes. c'était juste une pauvre fille qui avait désespérément besoin de vibrer, de retrouver la proximité avec une autre personne. parce que son odeur lui manquait, ses bras qui l’enlaçaient. parce que rien en cet homme ne ressemblait aux souvenirs qu'elle avait de son beau brun. il était totalement différent. mais ce n'était pas plus mal. comme ça elle ne comparerait pas, elle ne repenserait pas à lui encore une fois. sav, elle continuait de boire, de s'enflammer, de profiter de sa soirée avec son nouvel ami. jusqu'à ce qu'il décide de l'attirer dehors, prétendant vouloir fumer une cigarette avec elle. alors ils sortaient par la porte de derrière, là où il n'y avait personne, là où l'endroit était désert. ils étaient entourés d'un silence assourdissant, du bruit de la pluie qui s'écoulait sur le goudron et sur leurs peaux en pleine effervescence. l'homme refermait la porte, la plaquait contre le mur pour l'embrasser dans le cou. non. non pas ça. pas maintenant. c'est trop tôt. surprise, elle lâchait son verre qui explosa sur le goudron, laissant s'écouler le liquide amer dont elle aimait s'abreuver. " arrête " souffla-t-elle en tentant de le repousser, ne pouvant s'empêcher de rire au contact de ses lèvres contre son cou. parce que ça la rendait folle. parce que cet endroit lui provoquait des sensations immenses. mais pas là. pas maintenant. pas avec lui. " allez arrête maintenant " dit-elle un peu plus fermement, laissant s'échapper son sourire, le repoussant avec toute la force dont elle disposait. bordel. il comprenait pas. il ne comprenait rien du tout. il revenait à la charge, possédé par le démon prêt à assouvir ses pulsions les plus maléfiques. oh non ça ne sentait pas bon. même avec trois grammes d'alcool dans le sang, sav n'oubliait pas son instinct de survie. il se rapprochait à nouveau d'elle, tentant de lui retirer sa veste sauvagement. il avait laissé la douceur au placard ce soir. s'il croyait qu'elle était une fille facile comme toutes les autres il se plantait. parce que la blonde elle n'était pas prête à se remettre en selle aussi vite. parce qu'elle pensait toujours à lui. " putain mais casse-toi ! " hurlait-elle en lui donnant un coup de genou dans l'entrejambe. l'homme se reculait, paralysé par la douleur de l'attaque qu'elle venait de lui infliger. " espèce de salope " articula-t-il avec difficulté, tordu de douleur. ça ne sentait pas bon, il fallait qu'elle s'en aille, et vite. sav, elle le regardait, elle paniquait, tentait de repasser par la porte qui n'était plus ouverte. et qui ne s'ouvrait pas de l'extérieur. on pouvait juste quitter les lieux mais plus y retourner par ce côté là. son cœur commençait à s'emballer, elle angoissait, pétrifiée de voir qu'il se rapprochait d'elle. ses prunelles étaient habitées par des flammes qui reflétaient la colère, des braises qui démontraient toute la haine qu'il ressentait envers elle. parce qu'elle lui avait dit non. parce qu'elle avait repoussé ses avances. parce qu'elle avait osé le frapper sans penser aux conséquences. s'en suivit un déchaînement de violence. il la poussait contre le sol, il lui donnait un coup de poing. puis un deuxième. puis encore un. sav, elle ne pouvait pas s'échapper, trop faible par rapport à ce monstre qui se tenait devant elle. puis il continuait. coup de pied dans les côtes, dans les jambes. " pitié arrête ! " hurlait-elle, en pleurant. ça faisait si mal. le choc était si violent qu'elle ne pouvait le supporter. les larmes s'échappaient de ses yeux apeurés, elle se recroquevillait comme elle le pouvait, le suppliant d'arrêter sa frénésie destructrice. mais il n'en faisait rien, il la tirait par les cheveux, approchant son visage du sien en esquissant un sourire. " tu fais moins la maligne maintenant. " lui crachait-il à la figure. elle était à bout de force, amochée par ce déferlement de violence. parce que son corps était devenu aussi meurtri que son cœur. elle voulait se laisser partir sav, elle voulait juste qu'il arrête. " j't'en supplie... " sanglotait la douce nymphe qu'il tenait en son emprise. il la regardait quelques secondes, puis la jetait sur le sol avant de se frotter les mains et de la fixer, des éclairs dans les yeux. " si je le pouvais, je t'aurais bien tué ce soir. espèce de salope ! " dit-il en assénant un dernier coup de pied, avant de disparaître dans la nuit. sav elle restait là, en état de choc, incapable de faire le moindre geste. elle était allongée sur le sol, recroquevillée, sentait les gouttes de pluie qui effleuraient son visage. l'eau faisait glisser le sang qui suintait de sa peau. elle attendait comme ça, pendant plusieurs minutes. avant que quelqu'un ne sorte par la porte de derrière et ne la découvre dans cet état.
quelques minutes plus tard, elle s'asseyait contre un mur de la boite de nuit, recroquevillée avec une couverture recouvrant ses épaules frêles. les secours allaient arriver. ils allaient venir s'occuper d'elle. c'est ce que les gens disaient. mais elle n'écoutait rien sav. elle était déconnectée. dans un autre monde. « mademoiselle ? » une voix. près d'elle. quelqu'un qui lui parlait. mais elle ne réagissait pas.  « je suis là seulement pour m'assurer que vous allez bien. regardez-moi. » ses mains tremblaient, elle avait du mal à respirer, l'air manquait. elle n'arrivait plus à gérer ce trop plein de douleur. autant physique que morale. parce que tous les bleus qui recouvraient son corps la faisaient souffrir. parce qu'elle n'aurait jamais imaginé pouvoir être victime de tant de violence, en l'espace de si peu de temps. sav, elle plongeait ses prunelles sombres, éteintes, en direction de l'homme qui s'adressait à elle. « prenez une grande inspiration et expirez longuement. allez-y. faites comme moi. » elle s'exécutait. inspiration. expiration. mais c'était dur putain. elle recommençait au même rythme que lui. inspiration. expiration. puis fatalement, elle craquait de nouveau, sa voix sanglotante venant finalement répondre à la sienne. " je veux rentrer chez moi. "



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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Sam 22 Sep - 14:06

Durant quelques secondes, il y avait cru, à cette lueur d'entrain ayant illuminée ses prunelles ternes, ce souffle rythmé qui franchissait ses lèvres en accord avec le sien. « Voilà, comme ça, c'est bien, continuez. » Alors qu'il l'encourageait, l'invitait à remonter à la surface de cet océan dans lequel sa psyché s'était noyée, fatalement. Les crêtes océaniques, le gouffre béant de ses tsunamis dentelés, pointant leurs écumes acides vers des cieux orageux. Le crescendo d'une inspiration, d'une expiration. Et cette voix qu'il était, prête à la faire sortir de ses abysses dédaléennes, là où elle perdait le chemin de ses terreurs personnifiées. Il était là pour elle, désormais. Là pour lui tendre la main où d'autres s'était contenter de la pluie amère, morose, battant contre le bitume de ses vagues angoissantes. Puis, elle éclata. Dans un trop plein, de toutes ces émotions qui surgissait à la surface comme la bile au bord des lèvres, prête à lui rompre le cœur et lui saccager l'âme en une nuée chaotique, instable. Ne l'avait-il pas connu aussi ? Cette sensation amère, acrimonieuse. Cette amertume aigre au bord des lèvres, cette solitude creusée comme un trou noir naissant dans le néant de son esprit, aspirant toute la lumière pour n'en laisser qu'un vide incomplet. Une pièce à la dérive, happée dans les bras de ces géants marins aux noms indomptables, au beau milieu des chimères et de l'intangibilité. Aujourd'hui encore, il en sentais les effluves métalliques venir faire remuer ses narines, la violence abrupte dans ces poings couverts de contusions et la rage essorant ses tripes. Le crissement de l'asphalte, les coups de sang balayant la nuit et les paroles crues, amères, comme catalyseur de ces réminiscences. Ce n'était pas de la peine qu'il avait pour elle, seulement de l'empathie. L'une de ses mains se glissa dans la sienne, assez fort pour en ressentir ses palpitations, tremblements incontrôlables venir l'habiter comme autant de chimères pernicieuses. Aux visages doux, aguicheurs, mais corrupteurs. « Hé, ça va aller, d'accord ? Vous êtes en sécurité maintenant. » Pas seulement d'un professionnel à sa patiente, c'était davantage d'humain à humain, d'être à d'être. Il le lui assurait, en cet instant, plus personne ne viendrait à briser cette accalmie vaine. Peinant à se frayer un chemin sous les lumières stridentes sautant à leurs prunelles comme des spectres polychromes. « Vous serez bientôt chez vous. » Quelques minutes, quelques heures, tout dépendrait du niveau de gravité. Mais Alec n'en disait rien, préférait davantage à la rassurer, la faire sortir de sa torpeur, plutôt que de la faire plonger à nouveau là où il peinerait à la rattraper. Son autre main libre alla se glisser au fond de la poche de son pantalon d'uniforme pour en sortir une petite lampe de torche médicale. Pointant bientôt ses lueurs douces, éphémères dans l'océan tourmenté de ses prunelles claires. Ses pupilles n'étaient pas dilatées, encore moins vitreuses, elle possédait encore d'assez bons réflexes. Rien d'inquiétant. Juste en myosis, assez contractées pour permettre à la lumière de se frayer un chemin. Consciente mais heurtée, perturbée par une chose dont il ignorait tout. Une chose qui autrefois l'avait terrifié et qui encore aujourd'hui, habitait son âme. Ces démons sans noms, hantant les nuits de ses dédales internes. « Comment est-ce que vous, vous appelez ? »


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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Dim 23 Sep - 10:06

sav, elle n'arrivait plus à expirer l'air qui gorgeait ses poumons. un trop plein d'émotions qui se heurtait à sa poitrine et l'empêchait de sortir la tête de l'eau. parce qu'elle était en état de choc, qu'elle n'arrivait plus à faire la différence entre ce cauchemar et la réalité. parce qu'elle sentait encore les coups contre son corps, la violence qui l'avait recouverte, sans qu'elle ne puisse y opposer une quelconque résistance. la haine qui avait découlé de cet homme, toute cette lueur malsaine qui l'habitait et qu'il avait déversé sur savannah, l'ange déchu. parce qu'elle pensait que ce soir elle allait partir rejoindre sa sœur. parce qu'elle croyait vraiment qu'il n'allait pas l'épargner. mais finalement il s'était enfuit dans la nuit, l'abandonnant à son triste sort. n'aurait-elle pas préféré en finir ce soir là ? tout n'aurait-il pas été plus simple de partir maintenant ? parce qu'à quoi bon revenir si c'était pour sentir la peur caresser son échine jour et nuit. si c'était pour subir cette angoisse, pour revivre cette tension constante qui ne parviendrait pas à s'éteindre avant un semblant d'éternité. sav, elle avait désespérément besoin d'aide, besoin qu'on lui tende la main. parce que son âme toute entière s'assombrissait, parce qu'elle errait dans les dédales de son corps meurtri, dans les bas fonds de son cœur en miettes. « voilà, comme ça, c'est bien, continuez. » qu'il disait. alors elle le regardait de ses prunelles apeurées, encore choquées, par ce déferlement d'images insoutenables qui s'était déroulé devant ses yeux. ce tourbillon de colère, cette entité démoniaque dont elle avait été victime. sav, elle tremblait, tentait d'inspirer et d'expirer l'air en même temps. malgré tous les encouragements de l'homme qui était à ses côtés, malgré qu'il vienne lui attraper la main pour la rassurer, pour lui montrer qu'il était là, pour elle. il était présent, mais pour elle rien n'avait de sens. « hé, ça va aller, d'accord ? vous êtes en sécurité maintenant. » mots qui résonnaient dans sa tête, mais qui effleuraient seulement son esprit. qui caressaient son âme mais qui repartaient aussitôt. parce qu'il avait beau lui dire qu'elle était en sécurité, au fond, elle se sentait si mal qu'elle ne pouvait rien assimiler. sav, elle le regardait, réussissant à balbutier quelques mots pour lui dire qu'elle voulait rentrer. il se tenait à quelques centimètres d'elle, sa main toujours en possession de la sienne, tentant tant bien que mal de la faire revenir à la raison, de calmer son cœur démoli. « vous serez bientôt chez vous. » qu'il lui soufflait. sav, elle hochait la tête en guise d'approbation, se rattachant aux promesses qu'il confessait. parce qu'elle voulait s'en aller de cet endroit de malheur et pouvoir enfin respirer de nouveau. elle le regardait, sans rien dire, le voyant se munir d'une petite lampe qu'il dirigea vers ses pupilles. elle ne bougeait plus, se laissait faire telle une poupée de chiffon. un pantin désarticulé. parce que c'est ce qu'elle était en cet instant présent. l'ombre d'elle-même. la lumière venait croiser ses iris, elle ne disait toujours rien. sav, elle regardait droit devant elle, les flashs éblouissants qui venaient l'aveugler peu à peu se faisaient plus difficiles à supporter. elle secouait la tête, laissant s'écrouler doucement ses paupières. elle en avait assez. il lui demandait quel était son prénom " savannah " murmurait-elle en plantant ses prunelles dans les siennes. il se voulait doux, rassurant, compréhensif de tous ses maux. mais elle n'avait plus envie de parler. elle en avait assez, sa seule envie, partir d'ici. sav se releva brusquement, se séparait de sa main, telle la tornade imprévisible qu'elle était. elle lâchait la couverture qui recouvrait ses épaules abîmées, la laissant s'écrouler sur le sol humide qui portait les vestiges de cette pluie diluvienne. ses iris croisaient ceux de celui qui venait de l'approcher, celui qui tentait de la réconforter depuis déjà plusieurs minutes. mais rien ne sortait de sa bouche. pas un son. juste le silence. elle le regardait, avant de partir en direction du parking. sav, elle se mettait à courir tel un animal sauvage qui retrouvait sa liberté. elle voulait juste s'échapper, partir loin d'ici. loin de ces enfers qui lui tordaient les tripes, lui broyaient l'intérieur. la douleur des blessures, sur son corps qui s'activait, la fit grimacer un instant, mais le soulagement de pouvoir retrouver un semblant d'oxygène prenait le dessus sur tout le reste.



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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Lun 24 Sep - 10:03

Son prénom franchissait la barrière de ses lippes et il en retenait chaque syllabes. De son air bien plus franc, sérieux, qu'à l'accoutumé, parce qu'il restait professionnel, Alec. Même au beau milieu de la panique d'une nuit noire gorgée des lueurs tournoyantes des gyrophares, il restait cet homme au sang-froid implacable, à la témérité tenace et aux idéaux bienveillants. La lampe de torche s'éteignit contre ses larges mains calleuses et il en rangea l'objet dans le fond de sa poche, mais alors qu'il s'apprêtais à lui poser d'énièmes questions, un froid vide s'abattu dans le creux de poigne. Et il l'a regardais, sans vraiment comprendre. Elle, qui se levait, s'échappait à sa prise, comme l'un de ces énièmes spectres évanescents. N'en laissant que dans son sillage, le tissus humide, trempé, de cette couverture vomissant ces perles diluviennes contre le bitume. « Je peux savoir où... » À peine avait-il eu le temps de commencer à lui objecter de quelconques paroles vaines, qu'elle s'élançait déjà sur le parking. Désespérée, rattrapée par les ombres terrifiantes de ces démons sans noms, apposant leurs marques indélébiles, tracées à travers l'âme de leurs sceaux corrupteurs. Une peur incisive, pernicieuse et insidieuse. La même qu'il avait ressentis à l'odeur métallique de cette hémoglobine tavelant le bitume de sa caresse poisseuse, âpre. Et les prix, d'une malédiction de tourments à payer pour en avoir vu les teintes vermeilles venir ronger son âme avec autant de violence que d'âpreté. Mais il ne se découragea pas. Depuis qu'il avait remis les pieds dans cette maudite ville, c'était devenue une habitude de courir après des femmes, des chimères et des spectres. Il se releva de toute sa carcasse solaire et se fraya un chemin à travers la foule d'uniformes. « Hé ! Revenez. » Mais elle ne l'écoutais pas, traçant le chemin de sa fuite à travers les entrailles de ces bouteilles de verres brisées, de ses hommes et femmes tentant de faire respecter leurs lois immuables. Le cliquetis des menottes s'accrochant de poignet en poignet, la virulence de noctambules courroucés et la dualité d'une justice précaire, semblant si éphémère, incertaine, de prunelles en prunelles. Et elle, dont la chevelure diaphane paraissait se faire avaler par les ombres chaotique de cette nuit en proie à la démence. Ses collègues lui avait jetés quelques coups d’œils compatissant en la voyant déferler tel une vague dans le néant, mais il s'en fichait bien, l'Écossais. Car lorsqu'il avait une idée en tête, il s'y tenais toujours, jusqu'au bout. Et ce soir, il avait décider d'extirper Savannah des griffes de ses propres démons, parce qu'avant d'être sa patiente, elle était une humaine. Qui comme bien tant d'autres, méritait désespérément cette main tendue, compatissante. Il ne tarda pas à la rejoindre de quelques grandes enjambées, souples et lestes. Le lourd roulement de ses larges épaules s'attardant à ses côtés, à tenter de trouver les bons mots, justes, ceux qu'il espérait, pouvoir lui redonner un semblant de raison. « Je comprend ce que vous ressentez, vous êtes en état de choc et vous n'avez qu'une seule envie; celle de fuir cet endroit. » Et c'était en son droit, elle pouvait fuir, si elle le voulais. Partir. Comme lui l'avait fait. Tout quitter sur un coup de tête, parce que le fardeau deviens trop lourd et le fléau corrosif, se fait bien trop menaçant sur la cage, la barrière protectrice de sa psyché. Lorsqu'il y a trop en jeu, lorsque les minces barrières de l'intangibilité viennent à frôler celle de la réalité, que les jours se compte sous formes de songes et les douleurs, personnifiée en des silhouettes évanescentes s'évanouissant au bord de rivages. « Pas maintenant. Pas dans cet état. » Mais elle ne l'écoutais pas. Continuait sa route en se fichant bien des éclats de sa voix. Alors sa main se leva, d'une poigne douce et ferme, sa large paume calleuse se déposant sur son poignet afin qu'elle se tourne vers lui. Là. Là où elle pouvait apercevoir son regard, la sincérité alarmante de ses prunelles claires plongeant dans les siennes. « Laissez-moi vous aider, Savannah. » Comme une supplique sourde, silencieuse, flottant entre eux. Le vent des chimères nocturnes balayant quelques unes de ses mèches trop longues, boucles de feu, cramoisies tombant au devant de ses prunelles azuréennes.


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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Lun 24 Sep - 13:06

la foule qui s'attroupait aux alentours ne l'aidait pas à se calmer. bien au contraire. sav, elle ne supportait plus de voir tant de monde autour d'elle. ces corps qui s'agitaient dans des allers et venus sans fin. elle suffoquait. rêvait juste de rentrer chez elle. sav, elle respirait comme lui avait dit de faire l'homme qui s'occupait d'elle. la belle le regardait, esclave de la lumière qu'il agitait devant ses yeux, victime d'une lueur aveuglante qui lui perçait la rétine. la blonde secouait la tête, agacée de devoir se faire examiner avant de pouvoir mettre les voiles. elle n'avait pas envie de coopérer. putain. elle se sentait si mal. sav, elle se relevait en une fraction de seconde, puis telle une furie, balançait la couverture humide qui ornait son corps amoché, avant de prendre la fuite. « je peux savoir où... » non. il ne saura pas où elle se dirigerait. parce que ça, même la tornade blonde l'ignorait. elle se frayait un chemin entre les sirènes de pompier, les hommes en uniforme qui la dévisageaient, et les gens un peu trop alcoolisés qui venaient s'entasser sur ce parking de malheur. de l'air. vite. sav, elle se mettait à courir dans un dernier effort. « hé ! revenez. » qu'il criait derrière elle. son cœur battait la chamade, cette adrénaline qui lui donnait des ailes et résonnait dans tout son être. elle ne voulait pas qu'il la rattrape, non. sur les flots bleus, elle naviguait. cherchant un lieu, un port, une digue. sur les flots bleus elle montait et descendait, comme happée par le courant. elle coulait mais ne pouvait se reprendre. sav, elle entendait les bruits de pas qui s'affolaient au loin, qui arrivaient doucement jusqu'à elle. puis cette silhouette, ce frottement de son épaule contre la sienne. il était juste là. celui qui voulait tout faire pour lui venir en aide. il s'activait à ses côtés, tentant de la raisonner alors qu'elle ne ralentissait pas. « je comprend ce que vous ressentez, vous êtes en état de choc et vous n'avez qu'une seule envie; celle de fuir cet endroit. » bon sang, mais alors pourquoi ne pouvait-il pas comprendre aussi son cœur au bord du précipice ? son corps au bord de la rupture. son esprit, habité par des forces sombres qui tentaient de la faire basculer dans les ténèbres. non, elle n'allait pas céder. pas s'arrêter. il en était hors de question. sav, elle continuait de prendre son envol, s'essoufflait pour tenter de le semer ne serait-ce que de quelques mètres. « pas maintenant. pas dans cet état. » ce mystérieux inconnu, il ne lâchait rien. il ne voulait pas la laisser comme ça, errer tel un fantôme dans ces rues sombres, dans ce vent glacial qui la transperçait de plein fouet. elle ralentissait, reniant toujours l'envie d'abdiquer. de s'abandonner à lui. non, elle ne capitulait pas. il allait devoir faire avec. ses prunelles s'entrechoquaient avec les siennes, elle tentait de comprendre pourquoi il s'attardait autant sur son cas désespéré. mais elle était trop perturbée pour comprendre. trop chamboulée pour réussir à se calmer et à raisonner correctement. sav, elle fut stoppée net par cette main qui vint entrelacer son poignet, par cette paume brûlante qui contrastait sur son corps si froid. « laissez-moi vous aider, savannah. » soufflait-il. elle n'en pouvait plus. les battements de son palpitant étaient bien trop rapides. sa respiration bien trop courte. elle était à bout de souffle. sav, elle le regardait, tentait de comprendre ses iris bienveillants qui s'attardaient sur les siens. " j'ai pas besoin qu'on m'aide. " dit-elle sèchement. faux. elle en avait réellement besoin. mais elle ne voudrait pas l'avouer. pas à lui. à cet inconnu qui ne lui inspirait pas confiance bien qu'il ai tout fait pour tenter d'apaiser ses mœurs. elle ne pouvait s'empêcher de regarder sa main qui venait d'entraver son élan, celle qui ne voulait pas la laisser sombrer. " lâchez-moi tout de suite. " grondait-elle en fronçant les sourcils. il valait mieux pour lui qu'il l'écoute, car si elle s'énervait en plus d'être dans cet état de démence, il allait en prendre pour son grade, le beau pompier. ses canines menaçaient de se joindre à la partie, s'il fallait qu'elle fasse usage de la force.



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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Jeu 27 Sep - 11:06

J'ai pas besoin qu'on m'aide. Un mensonge bercé au bord de lèvres diaphanes. Livides. Marquées, teintées du sceau terrifiant d'une mort pâle aux prunelles creuses. Vides. Et la vérité brûlante, qui se cache au creux de mains marmoréennes, squelettiques, la peau rongée par le relief d'os doucereux, d'albâtre, la poigne désespérée de l'ombre qui s’abat sur une âme rongée. Enténébrée. Si semblable et tant différente. Elle avait l'air d'une de ces chimères embrasant la nuit de sa chevelure solaire, le désespoir maculant ses traits d'une indépendance gracieuse, la furie de l'arc ensoleillé de ses sourcils froncés. Et ce doux sourire, qui vint à s'afficher sur ses lèvres. Parce qu'il le savais, qu'elle mentais. Cette phrase là. Il avait tant entendu, de lèvres en lèvres, de mine renfrognée en paroles virulentes. De remarques sèches, lasses et désabusées. Lui-même, l'avait prononcé. Au devant de Juliette, pour garder le cap, être cet exemple qu'il aurait du toujours être. Ce preux chevalier, gardien de l'horizon de sa psyché à la dérive. Sans cette épaule, cette colonne inébranlable qui comme une muraille protectrice venait à chasser l'ombre de ces fantômes l'hantant dans le noir. Cet homme, qu'on lui avait appris à être. La fierté haute, léonine et revêche de cette noblesse frelatée coulant en ses veines. « J'ai connu de meilleures menteuses. » Il en avait fait parti, comme tant d'autres femmes dont il avait croisés les chemins, les routes, les venelles aux allures de coupes-gorges. Toute munie de leurs fiertés impérieuse. Et de ces hommes, crachant l'effluve de leurs virulences à même l'asphalte, la lueur incertaine, furieuse, habitant le tombeau de leurs regards. Et les secrets, courant sous leurs peaux marquées du joug infâme de la violence. Il en avait fait du chemin, le Callahan. Depuis les ponts et les abris de fortune, depuis le départ de cette maison baignée d'ombres silencieuses et de démons suintant d'immondices. Depuis ces voitures vrombissantes sous l'ardeur de sa fougue aux barrières éteintes. Sans freins. Brusque. Âpre. Et le goût amère d'une désolation hantant son âme. De ces visages évanescents, qui se berce sous la brise d'ailleurs lointains, intangibles. Là où il n'aurait jamais le droit d'accéder. Là où la déchéance d'une vie d'erreurs, l'avait précipiter depuis bien longtemps dans les affres magmatiques d'une prison sombre. « Ce n'est pas une solution, de fuir. » Ça ne l'avait jamais été. Et aujourd'hui, encore là. Cette présence vide, fait de silence et de secrets surgissant à la tombée du crépuscule. L'éreintant fardeau d'une vie à subir ce poids lourd, angoissant, tombé sur ses épaules comme le poids d'un cheval mort. À croire qu'en fuyant, le temps panse les maux, fini par les faire se taire, alors qu'en réalité, ils demeurent. Là. Juste là. Sous sa cage thoracique qui s'élève frénétiquement, cette respiration oppressante qui se moule dans son uniforme. Il avait traversé des monts, des rivières et des forêts, en pensant que la fuite serait le juste choix. En pensant que les souvenirs viendrais à s'éteindre dans dans l'étreinte de la Mère Nature. Mais en réalité, ils n'en avait été que plus étouffant. Des mausolées emplis de néant dans les dédales labyrinthiques de son âme à bout de souffle. La détente, sur laquelle il aurait pu appuyer, le désespoir ambré abordant le navire de ses lèvres du bout de cette brûlure rude fondant dans sa gorge. L'humidité du sable, s'infiltrant en ses orteils. Et toujours, cette voix porteuse d'échos lointains, siégeant sur le trône de son esprit. « Encore moins à cette heure-ci et dans un état tel que le vôtre. » La moiteur glissante de la pluie sous leurs pieds, les senteurs d'une averse précédente gorgeant l'air d'une humidité automnale. Et les ombres agglutinées dans ces ruelles incertaines, aux dédales monstrueux, leurs perles avides bravant la pente des roches. « Je n'ai aucune idée de ce qu'il vous est arrivé. Mais si vous voudriez bien venir avec moi, me le raconter et me laissez vous aider... » Il lui tendait la main. Parce qu'elle n'avait pas besoin de crier des appels aux secours. Il les entendaient déjà, bravant le vent et le ventre nocturne de cette nuit noire. Le faisceau épuisé de l'astre blafard peinant à se frayer un chemin jusqu'à leurs silhouettes face à face. Il relâchais alors son poignet, laissant son bras retomber mollement le long de son corps tout en soutenant son regard. « Je ne vous veux aucun mal, Savannah. »


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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Ven 28 Sep - 13:13

tout se chamboulait dans sa tête. parce que le traumatisme qu'elle venait de vivre l'empêchait de penser correctement, d'agir comme quelqu'un de censé. le mal-être l'encerclait, l'emprisonnait, dans ce corps abîmé qui n'était que le résultat d'une vie de misère. de mauvais choix. de mauvaises fréquentations. tout un mode de vie qui partait à la dérive. sav, elle l'écoutait parler, lui qui tentait de la raisonner. « j'ai connu de meilleures menteuses. » son visage se crispait, ses lippes se pinçaient. alors il l'avait senti lui aussi. ce mensonge. les mots factices qui découlaient de sa bouche, alors que son esprit s'évertuait à dire le contraire. elle restait silencieuse, l'écoutant poursuivre. « ce n'est pas une solution, de fuir. » pourtant, c'était ce qu'elle faisait à chaque occasion. à chaque fois que ça devenait trop dur. que ça faisait trop mal. que la douleur était insupportable. elle fuyait. elle mettait les voiles, s'envolait au loin, tentant de semer un présent qui ne lui convenait plus. tentant de tout laisser tomber, en espérant que demain tout irait pour le mieux et que les mauvais rêves seraient oubliés. « encore moins à cette heure-ci et dans un état tel que le vôtre. » qu'il disait à la blonde. mais sav, elle n'avait rien à perdre. fougueuse, intrépide, téméraire. personne ne l'attendait à la maison. personne ne se préoccupait de ce qu'elle faisait ce soir. personne ne s’inquiéterait de ne pas la voir rentrer, parce qu'elle était désespérément seule. seule dans ses ténèbres. dans ce trou noir qui comblait sa vie et qui l'empêchait d'y voir clair. « je n'ai aucune idée de ce qu'il vous est arrivé. mais si vous voudriez bien venir avec moi, me le raconter et me laissez vous aider... ». elle détournait le regard, regardant les ruelles sombres qui les entourait. ces routes humides, ces faibles lumières qui éclairaient les alentours. l'homme lâchait finalement son poignet, respectant ainsi la demande qu'elle lui avait faite. sav, elle plongeait ses iris dans ceux de ce géant de pierre, de cet inconnu à la carrure imposante qui se proposait de devenir son pilier, pour ce soir. « je ne vous veux aucun mal, savannah. » je me sens vide, comme si il n'y avait rien en moi sauf ce cœur brisé, le seul organe resté dans sa coquille. je sens l'écho des plaintes en moi, je sens les battements sourds se répercuter dans mon squelette. j'éprouve un vide abyssal en moi, si profond, si sombre que je n'y vois rien. je ne vois pas ce qu'il renferme. je ne sais plus qui je suis ni ce qui pourrait m'arriver. j'ignore ce que je pourrai faire encore. " d'accord. " chuchotait-elle, de sa douce voix de sirène. elle s'était résignée à lui faire confiance, à finalement saisir la main qu'il lui tendait. ses traits s'adoucirent petit à petit en l'écoutant parler, elle baissait la garde. enfin. sav, se décrispait un peu, laissant échapper un soupir avant de poursuivre. " je veux bien vous raconter. " mais pas là-bas. pas sur ce parking bondé. pas à côté de ces sirènes qui s'affolaient. de tous ces camés qui erraient autour d'eux. elle voulait un endroit tranquille, plus intime. pas à la vue de tous. pas sous les regards oppressants de ses collègues, ceux qui voudraient la faire venir avec elle. ceux qui l'amèneraient sûrement au poste de police pour faire une déposition. mais pas ce soir. elle n'en avait pas la force. elle se sentait mal. si mal. elle voulait juste souffler, avoir un peu de réconfort. " je veux qu'on aille ailleurs. j'ai froid ici. et j'ai faim. " dit-elle en le suppliant des yeux, espérant qu'il accède à sa requête et qu'il ne décide pas de la ramener là-bas. elle serrait ses épaules frêles, de ses mains gelées. dans sa fuite elle n'avait pas amené la couverture, elle était juste avec sa petite robe noire, et sa crinière de lionne.


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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Mar 2 Oct - 14:12

C'était un appel. Un appel qui filtrait à travers la terreur de la nuit. Un appel émergeant des rayons criards des néons des sirènes berçant les ombres de leurs flashs incessants, de ces dizaine d'uniformes se mêlant dans une cacophonie de pas et de paroles parfois virulentes en combattant quelques démons nocturnes. La dualité du silence et des bruits s'entrechoquant, la bise qui venait à pourfendre cette chevelure solaire et ces quelques miettes de feus amoncelées au dessus de son crâne en de lourdes boucles enflammées. Et l'abdication d'un souffle lourd face à la détresse de ses prunelles rongées d'océans gorgées de noirceur. « Très bien. » Parce qu'un chevalier, quel qu'il sois, dépose toujours les armes aux portes d'un château en ruine, habité par la voix chimérique d'une princesse spectrale. Alec n'était pas de ces chasseurs de spectres, prêt à abattre la créature pernicieuse cachée sous l'ombre de quelques en murs en ruine, éventré à même la roche graveleuse. Ce soir il était un exorciste, prêt à rompre la malédiction gangreneuse enterrée dans le repos silencieux de ses allées en gravats. Dans les décombres sinueuses de ces roches solitaires. Semblant inaltérable, intangible, le souffle niché dans le sommeil de ces pierres, comme un monstre rocailleux pris sous le coup d'une ancienne incantation interdite. Le forçant à basculer dans les bras de Morphée durant le reste d'une éternité trop longue. Toujours là, vivant, mais figé dans une léthargie dédaléenne, inextricable. Et Savannah, comme un corps statufié dans la glace de ces maux, n'en était qu'une de ses nombreuses victimes que la créature s'apprêterais à dévorer une fois sortie de son engourdissement. Et ça, il ne tolérait pas. Jamais. Alors ce fut en portant la main à son talkie-walkie, d'une voix assez forte et claire qu'il énonça qu'il laisserais faire ses collègues ici, au profit d'une vie qu'il comptais bien sauver et ne pas délaisser sur le bas-côté. « Pedro, je te laisse le reste entre tes mains. » À l'autre bout de la ligne, entre deux grésillements, il entendit son compère lâcher un juron tout bas dans sa langue de prédilection, puis le son vint à se rompre sous la poigne du géant écossais. À nouveau, ce silence de plomb, qui venait à poser le poids de son amertume implacable dans sa psyché. Le fait d'avoir choisis de la suivre, plutôt que de rester ici, prêter main forte à ses alliés. Mais une vie, reste une vie. Quoi qu'il en coûte, quoi qu'en sont les sacrifices. Il ne doutait pas un seul instant des espoirs et de la confiance qu'il louait à son duo de travail. Pedro était expérimenté, il ne doutait pas de son sang-froid, même lorsqu'il se retrouvais être mis à rude épreuve. Puis sa voix revint à Savannah, sortant de sa torpeur incertaine, mais prêt à faire face, quoi qu'il advienne. « On y va. » Rangeant son talkie-walkie à sa taille, près de sa ceinture, ils s'éloignèrent côte à côte pour se fondre dans les ombres nocturnes, tailladées par quelques noctambules aux rires enjoués, euphoriques. Ses lourdes rangers écrasait le bitume de leurs caresses âpres, de plombs. Ses mains refroidies par la morsure du froid venait à se loger dans chacune des poches de sa veste d'uniforme, alors qu'il tendait un regard vers sa voisine crépusculaire, arborant une crinière aussi ensoleillée que la sienne. Flammes d'ors et de feus. Des feus follets incandescents rayonnant au travers du néant des étoiles. « Je connais un dîner pas très loin, juste à quelques pas d'ici. » À l'écart, dans la pénombre de la tranquillité, là où venait à briller ces faisceaux rougeoyants, néons venant à fracasser leurs lueurs stridentes, vif, jusque dans les prunelles claires du gardien des flammes. Ici, en retrait de cette civilisation sauvage, alors qu'une petite cloche venait à retentir à leurs entrées sur le carrelage dallé. Un immense échiquier pourfendu de leurs pas. Les talons de la blonde claquant au sol, tandis que ses rangers venait à crisser contre la surface carrelée. Il lui fit signe de la suivre, tandis qu'ils s'installaient près des vitres, contre lesquels venait à jouer les lumières des phares de conducteurs nuiteux. « Maintenant que nous sommes là... » La chaleur étouffante des chauffages du restaurant vint à lui faire enlever sa veste qu'il déposa sur la banquette à ses côtés. Replongeant bientôt ses prunelles claires dans celles de son interlocutrice. « Vous, voulez bien me raconter ce qu'il s'est passé, Savannah ? »


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MessageSujet: Re: only human after all (sav)   Dim 7 Oct - 16:15

sav, elle restait suspendue à ses lèvres. en attente de son approbation. elle ne demandait pas grand chose, juste qu'il accepte. qu'il ne la ramène pas là bas. dans cet endroit lugubre, qui lui rappelait cette scène horrifique, qu'elle essayait tant bien que mal d'effacer de son esprit. et contre toute attente, il capitulait. le géant à la crinière de feu abdiquait face à elle. il baissait les armes, acceptant de nouveau de faire un pas vers elle, en cédant à sa requête. « très bien. » soufflait-il avant de se munir d'un talkie-walkie qui résidait près de sa taille. à l'autre bout de l'appareil, probablement un de ses collègues, à qui il sommait de s'occuper seul de la situation. laissant sous entendre qu'il ne reviendrait pas. sav, elle laissait échapper un soupir de soulagement. pas besoin de repartir dans cet enfer. de subir interrogations sur interrogations. ce serait juste elle et lui. en toute intimité. elle se sentait déjà mieux rien qu'en sachant cela. parce qu'après le traumatisme qu'elle venait de traverser, elle n'avait plus la force de supporter la série d'épreuves qui se dessinerait à l'horizon. « on y va. » dit-il avant de l’entraîner à marcher de nouveau. la brise glaciale qui traversait la ville la faisait frissonner. elle se recroquevillait, espérant bientôt pouvoir aller se reposer quelque part. dans un endroit à l'abri de l'humidité, où elle pourrait enfin se sentir mieux. sav, elle restait silencieuse en arpentant les allées sombres de ces rues fraîches et peu fréquentées. elle profitait du chemin pour s'apaiser, se vider brièvement la tête de toutes les horreurs qu'elles avait subi ce soir. ces coups puissants qu'il lui avait asséné, ce déferlement de violence dont il avait fait preuve. puis ses mots, ses injures, qui avaient découlé de sa bouche putride. son contact toxique. elle voulait tout oublier, mais elle ne pouvait pas tant qu'elle n'avait pas fait part du récit de son histoire. elle soufflait, tentait d'extérioriser un peu son malaise. parce qu'il valait mieux qu'elle commence à se conditionner pour en parler. elle lui avait promis de tout lui avouer s'il l'amenait ailleurs qu'à leur point de rencontre. un dinner. il poussait la porte d'entrée et l'invitait à le suivre. chaleur étouffante qui se dégageait de l'intérieur, les frissons qui parcouraient sa peau pouvaient enfin se calmer. ils marchaient sur le carrelage bicolore qui retentissait sous le bruit de leurs pas, venant finalement s'installer à une table près de la fenêtre. chacun se laissait glisser le long de la banquette, pour qu'ils puissent se faire face. « vous, voulez bien me raconter ce qu'il s'est passé, savannah ? » dit-il calmement, ses prunelles venant croiser les siennes. il avait fait sa part du marché. maintenant à son tour de se dévoiler un peu plus. mais avant toute chose, elle voulait lui poser une question qui lui permettrait de se sentir un peu plus en confiance. " comment vous appelez-vous ? " dit-elle d'un air détaché, regardant autour d'elle pour contempler l'ambiance, la tranquillité des lieux. " parce que c'est bien beau de continuer à m'appeler par mon prénom, comme si on était proches. mais moi je ne connais pas le vôtre. " murmurait-elle, avant de replanter ses iris sombres dans les siens. sav, si elle apprenait son nom, elle pourrait se rappeler de lui en étant quelqu'un d'autre que "l'inconnu" qui avait écouté son histoire, et qui l'avait aidé. ça donnait un côté plus chaleureux, plus humain à la chose. la serveuse s'approchait d'eux, leur tendant une carte à chacun pour qu'il puissent faire leur choix. parce qu'après tout ils étaient dans un restaurant. affamée, la blonde en oubliait presque ses priorités. mais les besoins primaires avant tout. ses yeux arpentaient les pages, ses doigts détaillaient les plats proposés. elle avait tellement faim qu'elle aurait pu manger n'importe quoi. " ce sera un double burger avec des frites pour moi s'il-vous-plait. " dit-elle en lui souriant, son regard venant s'attarder sur le pompier, en attendant qu'il réponde à son tour.



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